Harcèlement
[ février 6, 2020 by Roland MANTAMA 0 Comments ]

Harcèlement moral au travail : 12 exemples concrets

Vos conditions de travail se sont considérablement dégradées suite à des agissements malveillants et répétés de la part de l’un de vos collègues ou supérieurs ?  Vous vous sentez fragilisé par la situation mais ne savez pas comment qualifier ce comportement que vous jugez injustifié ? S’agit-il de harcèlement moral ? Voici 12 cas concrets de harcèlement moral au travail qui vous aideront à faire le point sur votre situation.

Le harcèlement a pour effet de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

12 cas concrets de harcèlement moral 

Au travers d’exemples concrets, nous vous aidons à déterminer ce qui peut constituer un harcèlement moral afin de ne pas le confondre avec la pression inhérente à votre activité. Une telle confusion vous exposerait, en cas de dénonciation abusive, à des sanctions.

1. Dénigrement et brimade

En l’espèce, le salarié avait reçu des ordres et des critiquesd’une salariée qui se serait comportée comme sa supérieure et lui aurait lancé des quolibets. Elle avait aussi été destinataire de courriers “insistants” de son employeur.

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La Cour de cassation a retenu la nécessité d’une réalité d’actes répétés et injustifiés caractérisant une violence morale et psychologique de nature à nuire au salarié pour pouvoir caractériser dans cette affaire, une faute imputable à l’employeur constitutive d’un harcèlement moral (1).

2. Critique injustifiée

Le supérieur hiérarchique de la salariée s’était livré de manière répétée et dans des termes humiliants à une critique de l’activité de cette dernière, en présence d’autres salariés (2).

3. Humiliation publique

Propos blessants et humiliants proférés de manière répétée par un supérieur hiérarchique (3).

4. Mesure vexatoire

Le salarié avait fait l’objet de multiples mesures vexatoires, telles que l’envoi de notes contenant des remarques péjoratives assénées sur un ton péremptoire propre à le discréditer, des reproches sur son “incapacité professionnelle et psychologique” et sa présence “nuisible et inutile”, le retrait des clés de son bureau, sa mise à l’écart du comité directeur, la diminution du taux horaire de sa rémunération. La Cour de cassation a retenu que ces faits ne pouvaient être justifiés dans l’exercice par l’employeur de son pouvoir de direction (4).

Vous pensez être victime de harcèlement ? (suite…)

Harcèlement
[ janvier 6, 2020 by Roland MANTAMA 0 Comments ]

#MeTooBots, une IA pour détecter le harcèlement au travail

Plusieurs entreprises proposent ces robots qui passent au crible les messages entre collègues de bureau.

Comportement vulgaire, intimidation, messages déplacés: et si les algorithmes nous permettaient de lutter contre le harcèlement au travail? Après le mouvement #MeToo, place au #MeTooBots. Plusieurs firmes d’intelligence artificielle développent actuellement des robots pouvant reconnaître différentes formes de harcèlement sexuel en ligne.

Déjà utilisés par des entreprises du monde entier, ces robots s’appuient sur un algorithme conçu pour identifier les intimidations potentielles, y compris le harcèlement sexuel, dans les documents d’entreprise, les e-mails et le chat des employées.

Une fois les données récoltées puis passées au crible par l’IA, toutes les informations détectées comme étant potentiellement déplacées sont envoyées à un·e avocat·e ou un·e responsable des ressources humaines, qui sont ensuite chargé·es de mener une enquête.

Les indicateurs de l’algorithme qui poussent l’IA à donner le signal d’alarme sont secrètement gardés par les entreprises. Jay Leib, le PDG de la société NexLP, qui développe cet outil, a précisé au Guardian qu’il s’agissait principalement d’anomalies de langage et d’analyses de la fréquence des discussions par rapport à un modèle de communication préalablement établi.

La plateforme de NexLP est déjà utilisée par plus de cinquante sociétés, dont plusieurs cabinets d’avocat·es à Londres. Selon son PDG, les client·es affluent de toutes parts, des services financiers au secteur des produits pharmaceutiques.

La demande accrue pour ce type d’outils n’est pas sans fondement. En France, une femme sur cinq a déjà été confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle selon un sondage de l’Ifop réalisé en 2014.

Limites de la compréhension du langage

Le véritable défi pour les fabricants de ces robots est de leur apprendre à détecter le harcèlement. Comment un robot peut-il comprendre les subtilités linguistiques ou à lire entre les lignes?

Brian Subirana, professeur d’intelligence artificielle à Harvard et au MIT, reste sceptique quant à leur utilisation. «Il y a un type de harcèlement qui est très subtil et très difficile à détecter. Cela nécessite un type de compréhension dont l’IA n’est pas encore capable», a-t-il déclaré.

Le problème sous-jacent est que l’IA ne peut analyser et comprendre des dynamiques culturelles ou interpersonnelles plus larges. Elle ne reste efficace qu’à partir d’une analyse de déclencheurs spécifiques préalablement établis. Cela signifie que les robots risquent de laisser passer de potentiels messages de harcèlement, ou bien de se révéler hypersensibles.

Malgré ses inquiétudes, Subirana pense que #MeTooBots pourrait permettre de fournir une base de données de ce type de messages. Il y voit aussi un «élément préventif». Les communications étant surveillées, les employé·es seraient moins enclin·es à harceler leurs collègues de bureau.

Source: https://korii.slate.fr/tech/metoobots-intelligence-artificielle-detection-harcelement-travail