La première campagne contre le harcèlement sexuel en Égypte date de 2005. Elle fait suite à un mouvement de protestation de femmes contre le harcèlement de rue et des agressions sexuelles perpétrés par la police dans le but de restreindre la participation des femmes à l’espace public12. Selon une étude publiée la même année par le Egyptian Center for Women’s Rights, 83 % des Égyptiennes du Caire ont été victimes de harcèlement sexuel dans la rue13.

En 2008, Noha Rushdie est la première femme à remporter un procès pour harcèlement sur la base de l’article 306 du code pénal qui condamne les outrages à la modestie, l’honneur ou la dignité d’autrui. En , le film Les Femmes du bus 678 attire l’attention sur le phénomène du harcèlement dans les transports12.

Durant la Révolution égyptienne de 2011, la question de l’utilisation du harcèlement sexuel collectif (arabe : تحرش جماعي (taḥarruš ǧamāʿī) « harcèlement collectif ») par la police du régime de Hosni Mubarak refait surface : l’État est accusé par des militants de payer des hommes afin de s’engager dans le harcèlement, des agressions sexuelles ou des viols, notamment sur la place Tahrir, afin de pousser les femmes à ne plus se joindre aux protestations12.

Un des problèmes à lutter contre le harcèlement sexuel en Égypte selon les associations est qu’il n’est pas clairement défini dans la loi égyptienne, ce qui rend les poursuites difficiles, mais également que les femmes qui portent plainte ne sont pas prises au sérieux par la police14.